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ORAGROUP rencontre des difficultés structurelles

Le 24/09/2025, ORAGROUP (ORABANK) publie son rapport de 1er semestre 2025 en hausse de +232%.

Une performance portée notamment par sa politique de restructuration qui s’articule autour d’une réduction de ses charges et la baisse de son cout de risque grâce à une politique de recouvrement efficace.

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Malgré ces belles performances du 1er semestre 2025, la banque reste sous pression et est dans une course plus ou moins contre la montre.

DE QUOI S’AGIT-IL ? UN PEU DE CONTEXTE

Depuis quelques années (disons 2023), le groupe bancaire Oragroup (ORABANK), présent dans 8 pays d’Afrique (notamment au Bénin, au Niger et en Guinée) traverse des difficultés structurelles.

Les raisons de ces difficultés sont notamment :

  • Une Détérioration de la Solvabilité liée à une augmentation significative de ses créances douteuses (non-performing loans).

En effet, La crise économique post-COVID, l’insécurité dans le Sahel qui affecte l’activité économique, et des contre-performances dans certains portefeuilles de prêts ont alourdi son bilan.

  • Une Insuffisance de Fonds Propres à cause du cumul de ses pertes entamé depuis 2023.

Ces pertes cumulées ont détérioré les fonds propres de la banque la mettant en difficulté pour respecter les ratios prudentiels imposés par la BCEAO. Notamment le ratio de solvabilité (ratio Cooke).

LES TENTATIVES DE PLAN DE SAUVETAGE

  • Le plan de sauvetage VISTA BANK

Afin de surmonter ces difficultés structurelles, la banque avait proposé un rachat par Vista Bank, propriété du jeune entrepreneur burkinabè Simon Tiemtoré, qui s’est avéré infructueux.

Un récent plan de sauvetage a été proposé avec l’entrée de la BOAD dans le capital du groupe bancaire Oragroup (ORANBANK).

Une entrée de la BOAD dans le capital du groupe bancaire Oragroup (ORANBANK) permettrait à celle-ci de disposer de l’argent de frais pour se recapitaliser.

Malheureusement, le plan de sauvetage BOAD a été rejeté par la BCEAO et pour les quelques ci-dessous :

Le Principe de Séparation des Rôles (Banking vs. Development):

la BCEAO défend une vision claire où une banque de développement (comme la BOAD) ne doit pas se transformer en banque de recapitalisation ou en « ambulance » du secteur bancaire commercial. 

Son mandat est de financer des projets de développement à long terme, pas de combler les déficiences de gestion d’établissements de crédit.

L’Alerte Morale (Moral Hazard):

Valider un tel sauvetage créerait un précédent dangereux.

Cela enverrait un signal négatif au marché : les banques commerciales pourraient prendre des risques excessifs en supposant qu’en cas de défaillance, une institution publique ou parapublique viendrait à leur rescousse.
BCEAO

Cela saperait la discipline de marché et la responsabilité des actionnaires.

Conformité avec les Standards Internationaux 

La BCEAO aligne sa réglementation sur les standards de Bâle et les meilleures pratiques internationales.

Ces normes prônent que le sauvetage d’une banque doit d’abord incomber à ses actionnaires existants et, si nécessaire, faire appel à des investisseurs privés spécialisés dans le redressement, et non à des banques de développement dont la mission est différente.

POUR ORAGROUP (ORABANK) : La course contre la montre continue

Avec le rejet du plan de sauvetage BOAD, Oragroup (Orabank) doit trouver d’autres solutions afin de redresser ses difficultés structurelles.

Sinon la BCEAO pourrait imposer des mesures correctives comme contraignantes le gel des activités, limitation des distributions de dividendes, cession d’actifs.

Les solutions alternatives que Oragroup (ORABANK) peut explorer sont :

  • Rechercher un Nouvel Investisseur Privé comme un groupe bancaire international.
  • Faire appel à une autre banque de la zone UEMOA pour racheter tout ou une partie des actifs d’Orabank (scénario de rachat).
  • Intervention des États (Solution Ultime) Si le risque systémique est jugé trop grave par les Etats de l’UEMOA. Mais cela irait à l’encontre de la logique de la décision BCEAO et poserait des problèmes de financement public.

CONCLUSION

Le rejet par la BCEAO, du plan de sauvetage BOAD est une décision est douloureuse pour Orabank (Oragroup) et ses parties prenantes.

Cependant, c’est un cas d’école de la gouvernance financière moderne en Afrique qui vise à préserver l’intégrité et la résilience à long terme de tout le système financier de l’UEMOA.


SOURCE DE L’ARTICLE : confidentielafrique.com

Sur le marché financer, le titre a entamé un cycle baissier depuis début octobre.

En effet, l’action est passé 2 700 FCFA au 01/10/2025 à 2 500 FCFA au 03/10/2025.

Selon le BOC du 03/10/2025, les actionnaires sont en mode vendeur.

Au niveau de l’analyse technique, le RSI de l’action ORAGROUP a entamé une correction avec une sortie remarquée de la zone de surachat 70.


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